Université de Liège

Historique

La réforme du programme des cours opérée en 1969 introduit un enseignement de muséologie dans les études d’histoire de l’art et archéologie à Liège, en même temps que dans les autres universités francophones de Belgique. Cette innovation sanctionne en quelque sorte le développement progressif de cette discipline au niveau international depuis le premier congrès de muséologie organisé à Madrid en 1934 par l’Office international des musées. Après la guerre, l’action inlassable de Georges Henri Rivière en France et la création de l’ICOM, le Conseil international des Musées, en 1948 ne peuvent rester sans effet en Belgique.

Il apparait à ce moment que l’enseignement de la muséologie ne peut être assuré que par un praticien et c’est Lucie Ninane, chef de travaux aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, qui est chargée du cours. Organisé sous forme de cours libre, cet enseignement est proposé aux étudiants en histoire de l’art, archéologie et musicologie. Des ennuis de santé empêchent cependant L. Ninane d’assurer cette charge de façon régulière.

En 1976, le cours est réorganisé et acquiert le statut de cours à option. André Marchal en est chargé en suppléance et, en 1983, il est nommé chargé de cours à temps partiel, activité qui complète parfaitement sa fonction principale au Ministère de la culture où il est responsable de l’administration des musées avec le titre d’inspecteur des musées.

Alors que la muséologie est trop souvent réduite, à cette époque, à l’enseignement de l’historiographie des musées, André Marchal emboîte les pas de Georges Henri Rivière pour donner à ses cours une ouverture peu commune. A côté de l’histoire des musées, il développe des chapitres sur l’exposition et sur la conservation, plaidant pour un équilibre entre ces deux fonctions du musée. L’importance du cours de muséologie dans la formation des futurs historiens de l’art et archéologue s’affirme et, à l’occasion d’une réforme des programmes, le cours devient obligatoire.

A son initiative, un cours libre de muséographie est bientôt créé pour compléter l’approche sur un mode plus pratique. Il permet à André Marchal de faire profiter les élèves intéressés de sa grande expérience en matière d’aménagement de musées.

C’est lors de la conception du Musée de la Préhistoire en Wallonie de Ramioul qu’André Gob a eu l’occasion de collaborer pour la première fois avec André Marchal, d’apprécier son approche muséographique et de devenir son élève. Archéologue de formation, André Gob s’intéresse dès lors à la muséologie et reprend le cours d’André Marchal lorsque celui-ci est admis à la retraite en septembre 1987.

Longtemps partagé entre diverses tâches au sein et en dehors de l’université, André Gob cherche à assurer ses enseignements en maintenant vivace « l’esprit Marchal ». Cependant, ce n’est qu’à partir de 1999 que le séminaire de muséologie renoue avec la pratique muséographique, indispensable à l’enseignement de la muséologie.

Le 1er janvier 2000, André Gob revient définitivement à temps plein à la faculté de Philosophie et Lettres. Voilà ce qui constitue l’acte de naissance du Séminaire de Muséologie, dont le nom est adopté à ce moment. Depuis lors, l’enseignement et la recherche en muséologie à Liège n’ont cessé de se développer.

Dès 2000, une réflexion est engagée avec quelques collègues du département pour mettre sur pied une formation de troisième cycle dans le prolongement de la licence en histoire de l’art et archéologie. La réflexion s’élargit, au-delà de l’horizon liégeois, aux FUNDP et à l’UCL et, en 2001, une convention est signée entre les trois universités pour organiser en commun un Diplôme d’études spécialisées (DES) interuniversitaire en étude et gestion du patrimoine culturel. La muséologie y figure en bonne place, parmi les cinq orientations proposées aux étudiants. Ce DES rencontre un grand succès, autant par les collaborations qu’il génère entre les participants que par l’audience qu’il trouve auprès des étudiants. Les premiers diplômés du DES sortent en juin 2003. L’ULB le rejoint un an plus tard. De 2001 à 2007, les quatre universités partenaires diplôment plus de 200 étudiants, dont la moitié dans les deux orientations qui subsistent seules jusqu’au bout, la muséologie et l’interprétation du patrimoine.

Le processus de Bologne met fin au système des DEA/DES et sonne le glas de la coopération interuniversitaire. Le décret de la Communauté française du 31 mars 2004 organisant l’enseignement supérieur contraint l’Université de Liège à intégrer la formation en muséologie dans un des masters reconnus. Ce que nous appelons le « master en muséologie » est donc officiellement une filière spécialisée du master en histoire de l’art et archéologie de l’Université de Liège, tout en étant ouvert aux étudiants d’autres formations par le biais de passerelles.

Dans la vie de tout service universitaire, à côté de l’enseignement, il y a la recherche. Ce volet n’a pas été négligé. Un doctorat en muséologie – unique en Belgique - a été créé à l’Université de Liège dès 2004 et le premier docteur en muséologie est Noémie Drouguet, en octobre 2007.

Photo de l'Altes Museum de Berlin
Photo du Bois du Cazier de Charleroi
Photo de la Cité de la Science à Paris
Photo du Site historique maritime de la Pointe au Père, Canada
Photo du Musée diocésain de Cologne